Réforme des CRSA et CTS : l’Inter-URPS d’Occitanie dit non à la politisation de la santé

L’Inter-URPS d’Occitanie souhaite alerter sur la réforme annoncée des Conférences Régionales de la Santé et de l’Autonomie (CRSA) et des Conseils Territoriaux de Santé (CTS), instances essentielles dans lesquelles siègent les Unions Régionales des Professionnels de Santé (URPS).
Cette réforme prévoit de confier la présidence de ces instances aux exécutifs politiques régionaux et départementaux, au lieu de l’élection interne démocratique qui prévaut actuellement. Derrière cette réorganisation institutionnelle se profile une modification profonde : le remplacement de la démocratie sanitaire par une gouvernance politique de la santé.
Pourquoi cette réforme inquiète
Aujourd’hui, les CRSA et CTS jouent un rôle central dans la démocratie sanitaire. Elles permettent un dialogue équilibré entre les professionnels de santé, les institutions, les collectivités territoriales et les usagers, garantissant ainsi leur participation active dans les décisions relatives à la santé.
Concrètement, ces instances servent à :
• donner des avis sur les politiques de santé régionales et territoriales
• faire remonter les besoins et difficultés du terrain
• contribuer à l’adaptation des actions de santé aux réalités locales
• évaluer la mise en œuvre des politiques de santé
Elles participent ainsi directement à la construction de politiques de santé plus justes, plus efficaces et au plus près des besoins des populations.
Introduire la compétition politique au cœur de ces instances pourrait mettre en danger cet équilibre fragile et transformer la santé en un enjeu soumis aux rapports de force politiques, au détriment d’une vision universelle, humaniste et équitable du soin.
La position de l’Inter-URPS
Les 10 URPS d’Occitanie défendent une gouvernance pluraliste et indépendante, fondée sur l’expertise, le dialogue et l’intérêt général. Si les élus ont naturellement leur place dans ces instances, ils ne doivent pas en devenir, par principe, les seuls pilotes.
Face à la montée des inégalités de santé, la solution n’est pas la politisation des lieux de concertation, mais le renforcement d’une démocratie sanitaire libre, équilibrée et fidèle aux valeurs de solidarité de notre système de santé.
Appel à la mobilisation
L’Inter-URPS d’Occitanie appelle les pouvoirs publics à renoncer à cette réforme et à préserver l’indépendance des instances de démocratie sanitaire. Les professionnels de santé et leurs représentants sont invités à se mobiliser collectivement pour défendre ces principes et garantir que la voix des patients et des usagers reste au centre des décisions de santé.

