Prise en charge des soins dentaires : ce qui change au 1er janvier 2027
À compter du 1er janvier 2027, la part des soins dentaires prise en charge par l’Assurance Maladie obligatoire va diminuer.
Pour les soins remboursables concernés par le régime de droit commun, son taux de remboursement passera de 60 % à 50 %. Les 50 % restants seront à la charge de l’assuré et, lorsqu’il en dispose et selon les garanties de son contrat, de sa complémentaire santé.
Une évolution qui pose la question de ses conséquences sur le reste à charge, le coût des complémentaires et, plus largement, l’accès aux soins bucco-dentaires.

De 60 % à 50 % de prise en charge par l’Assurance Maladie
Le décret n° 2026-809 du 21 août 2026 modifie, à compter du 1er janvier 2027, la répartition de la prise en charge des soins dentaires entre l’Assurance Maladie obligatoire, les organismes complémentaires et les assurés.
Pour les soins dentaires remboursables par l’Assurance Maladie, le taux de prise en charge passera de 60 % à 50 % du tarif de référence à compter du 1er janvier 2027.
Il ne s’agit donc pas d’une augmentation du tarif des soins dentaires, mais d’une nouvelle répartition de leur financement : 10 points de prise en charge sont transférés de l’Assurance Maladie obligatoire vers les assurés et leurs organismes complémentaires.
Quelles conséquences pour les patients ?
Pour les patients dont la complémentaire santé prend en charge intégralement le ticket modérateur, la baisse du remboursement de l’Assurance Maladie ne se traduira pas nécessairement par une augmentation immédiate du reste à charge sur les soins concernés.
Mais cette situation n’est pas celle de tous les assurés.
Les personnes ne disposant pas de complémentaire santé, ou bénéficiant d’une couverture qui ne compense pas intégralement la baisse de la participation de l’Assurance Maladie, pourront être davantage exposées financièrement.
Cette question concerne notamment certains retraités, travailleurs indépendants, artisans ou personnes aux revenus modestes qui ne bénéficient pas nécessairement d’une couverture complémentaire collective d’entreprise.
Par ailleurs, le transfert d’une part supplémentaire du financement des soins dentaires vers les organismes complémentaires représente mécaniquement une augmentation des dépenses qu’ils auront à supporter. Se pose dès lors la question de la répercussion éventuelle de cette charge sur les cotisations des assurés.
L’impact de la réforme ne doit donc pas être apprécié uniquement au regard du reste à charge constaté au moment du soin : son incidence sur le coût global de la couverture santé devra également être observée.
Un enjeu d’accès aux soins
Cette évolution intervient dans un contexte où le coût peut déjà constituer, pour certains patients, un facteur de report ou de renoncement aux soins.
Une augmentation du reste à charge pour les personnes insuffisamment couvertes pourrait accentuer cette difficulté, avec le risque de retarder la consultation, les soins ou le suivi régulier.
Or, la santé bucco-dentaire ne peut être dissociée de la santé générale.
Les chirurgiens-dentistes interviennent dans la prévention, le dépistage et le suivi de pathologies susceptibles d’avoir des répercussions bien au-delà de la sphère orale. Les liens entre santé bucco-dentaire et certaines maladies chroniques, notamment le diabète, rappellent l’importance d’un accès régulier aux soins et à la prévention.
Préserver l’accès aux soins dentaires constitue donc un enjeu de santé publique, et pas uniquement une question de remboursement.
Une évolution à suivre pour les chirurgiens-dentistes
À compter du 1er janvier 2027, les chirurgiens-dentistes pourront être davantage sollicités par leurs patients sur la répartition du remboursement de leurs soins.
Il sera important de rappeler que les tarifs conventionnels des actes ne sont pas modifiés par ce décret : c’est la répartition de leur prise en charge qui évolue.
Les conséquences pourront néanmoins être différentes d’un patient à l’autre selon sa situation et sa couverture complémentaire.
Cette évolution pourrait également avoir des répercussions sur les décisions de soins de certains patients : report d’un traitement, renoncement à certains actes ou espacement du suivi. Ces effets devront être observés avec attention dans les cabinets.
L’URPS attentive aux conséquences sur l’accès aux soins
L’URPS Chirurgiens-Dentistes Occitanie sera particulièrement attentive aux conséquences concrètes de cette nouvelle répartition des remboursements pour les patients et les cabinets dentaires de la région.
Au-delà du transfert financier entre Assurance Maladie et organismes complémentaires, plusieurs enjeux devront être suivis : évolution du reste à charge pour les patients insuffisamment couverts, éventuelle répercussion sur le coût des complémentaires, report ou renoncement aux soins et conséquences sur la prévention et le suivi bucco-dentaire.
La santé orale constitue une composante à part entière de la santé générale. À ce titre, l’accès aux soins dentaires et à la prévention doit pouvoir être préservé pour l’ensemble de la population.
L’URPS restera attentive aux modalités de mise en œuvre de cette réforme et aux retours des chirurgiens-dentistes d’Occitanie à compter de son entrée en vigueur.

